4 février 2009

La dictature soft à la française

Classé dans : Engagements,Mal'aises en France... et ailleurs,Réactions — Laurent @ 14:04

Source : Yahoo!News France – Que disent les blogs?

Depuis quelques mois maintenant, on assiste à une lente dérive des institutions qui sont de moins en moins républicaines. La démocratie se fonde sur la souveraineté du peuple et sur l’existence de pouvoirs et de contre-pouvoirs qui la garantisse contre les dérives oligarchiques ou autoritaires.

1)      Absence de représentation populaire

Lors des élections législatives, le Parti Socialiste et l’UMP ont utilisé le mode de scrutin pour réduire à néant la représentation des courants de pensée verts, communistes et centristes. 43% des électeurs du premier tour des Présidentielles ne sont pas ou presque représentés au Parlement. En toute logique, ils ne reconnaissent aucune légitimité à une institution prétendument représentative qui ne les représente pas.

  2)      La disparition du Parlement

La France était déjà allée loin dans la négation des pouvoirs du Parlement. En réduisant l’expression parlementaire à la seule expression d’une majorité qui soutient aveuglément le pouvoir et à celle d’une opposition qui s’oppose tout aussi aveuglément, le Parlement français poursuit sa décente vers le néant politique. Son rôle de contrôle du pouvoir, de législateur de terrain qui redonne du bon sens à la rédaction des lois et d’écoute des citoyens est laissé vacant par des députés absentéistes, cumulards et aux ordres. Les députés ne représentent plus les citoyens devant le Gouvernement mais le Gouvernement devant les citoyens. L’opposition déserte une Assemblée nationale qui n’a de nationale que le nom. La réforme du droit d’amendement, donnera aux groupes politiques le pouvoir d’amendement et réduira un peu plus l’indépendance des députés.

3)      La mise à pied des médias

Les médias par leur force de diffusion et leurs moyens d’investigation exercent l’un des nouveaux pouvoirs. Sa faiblesse économique l’a privé des ressources d’investigation sur son contenu, mais il garde sa force de diffusion. La disparition des ressources propres du service public permet de ne garder en France qu’un seul média télévisuel de masse. Contrôlé par les amis du pouvoir dont le chiffre d’affaire dans le BTP dépend en grande partie des commandes publiques. La télévision publique sera bientôt soumise par le vote par l’Assemblée nationale de ses ressources. Elle ne pourra plus informer sur l’actualité politique en toute indépendance. Cela suit quelques mises à pied de rédacteurs en chef qui ont fait beaucoup de bruit. Le pouvoir ne fait pas le journal de 20 heures… mais nomme, promeut et démet ceux qui le font.

  4)      La mise à pied de la justice

La proposition de disparition du juge d’instruction si elle pourrait avoir quelques justifications dans un autre contexte est inacceptable lorsqu’elle ne s’accompagne pas de l’indépendance par rapport au pouvoir du procureur qui le remplacera. Il reviendra alors seulement à des individus dépendants du pouvoir politique de décider de la poursuite des investigations. L’absence d’avancées sur la mise en accusation de Jacques Chirac malgré les charges lourdes de corruption qui pèsent contre lui et malgré la condamnation passée de son co-accusé Alain Juppé en dit long sur ce que serait cette nouvelle justice. La France, où la corruption n’est pas maitrisée, dériverait un peu plus. La prolongation exceptionnelle du poste du procureur de Paris qui a prononcé le renvoi en correctionnel de Dominique de Villepin en est une nouvelle preuve. Un récent rapport du Ministère de l’Intérieur dénonce pourtant les dérives d’une oligarchie impunie qui s’approprie le patrimoine de l’Etat. La justice doit se fonder sur l’équité pas sur les prébendes.

  5)      La disparition de l’exécutif

C’est le paradoxe de la dérive dans laquelle on est. Même la fonction de Premier Ministre a disparu. Celle de ministre se limite au rôle d’une marionnette pour les médias. Marionnettes qu’on renvoie d’un signe de tête conduire des listes aux européennes – situation plus enviable mais aussi monarchique que l’embastillage !

  6)      La grâce et la disgrâce nominative

La grâce nominative dont a bénéficié M. Marchiani au mois de décembre montre les dérives absolutistes du pouvoir. La disgrâce dont est victime le préfet de la Manche après le responsable de la police corse montre à quel point l’appareil d’Etat passe petit à petit du statut de fonction publique à fonction politique. Philippe Gosselin, depute UMP et Jean Francois Legrand sénateur UMP dénoncent ce scandaleux fait du prince. Peut être subiront-ils les mêmes menaces que Jean Pierre Grand, député UMP Villepiniste menace d’un redécoupage de circonscription ad hoc : . »Celui-là, il est mort (…) Je vais m’occuper personnellement du redécoupage de sa circonscription », aurait déclaré le chef de l’Etat selon le magazine Le Point.

      7)       Le Chef de l’Etat poursuit en justice

Une longue tradition républicaine voulait que les Chefs de l’Etat ne poursuivent personne en justice. Même lorsqu’il s’agissait de tentative d’assassinat. Jacques Chirac n’a par exemple pas porté plainte contre Maxime Brunerie. Il est assez cohérent que le Chef de l’Etat qui n’est pas soumis au pouvoir de la justice n’en bénéficie pas. Le nouveau Chef de l’Etat et ses proches poursuivent à tout va, même pour des questions très matérielles ou marketing de droit à l’image.   Je ne parlerai pas ici des projets qui ont été abandonnés par une mobilisation générale, comme les fichiers Edvige qui fichait et listait des informations sur la vie personnelle de toutes les personnes engagées en politique. Des procédés qui rappellent la police politique de l’Etat est allemand.

A l’opposé le Grenelle de l’Environnement a montré ce que pouvait apporter une concertation large. On oublie parfois que la discussion collective et la concertation font normalement partie du quotidien de l’activité d’une démocratie. Une démocratie qui fonctionne en France devrait être un Grenelle permanent. Le Parlement est censé en être le lieu. Des Parlementaires divers, représentatifs, tolérants et qui ne sont pas aux ordres devraient en être les acteurs quotidiens.

Ces dérives interpellent tous ceux qui sont attachés à la République. Tous ceux qui estiment qu’un pays doit se rassembler sur des valeurs fondamentales –comme les valeurs de la République- pour avancer collectivement.

 Les dictatures ne restent jamais soft très longtemps. Elles finissent toujours par se durcir lorsque les contre-pouvoirs deviennent faibles. Les dictatures conduisent ensuite à des révolutions.

La démocratie elle se construit jour après jour par des citoyens engagés qui mobilisent les autres. C’est par les urnes – et un peu de compromission de responsables politiques intéressés – que cette dictature soft s’est hissée au pouvoir et c’est par les urnes qu’elle en tombera.

1 janvier 2009

A propos du « travail spéculatif »…(1)

Classé dans : Etre traducteur,Humour,In English — Laurent @ 17:06

voici une petite affiche qui résume bien que demander un « travail spéculatif », c’est manquer de respect à ceux qui sont censés le fournir !

 

Here is a NOtion. Show some reSPECt!

En vous souhaitant une très bonne et très fructueuse année 2009 !

28 décembre 2008

Les plateformes de traduction

Une collègue ayant posté dans la liste noire d’un site professionnel a attiré mon attention sur une nouvelle (?) catégorie d’intermédiaires dans notre secteur d’activité, à savoir les plateformes de traduction.

Sans vouloir interdire à qui que ce soit de lancer de nouveaux concepts d’affaires, je me demande quel est le besoin réel du marché pour de telles structures, sachant le nombre déjà assez conséquent d’agences existantes et la course aux prix bas qui en résulte. Et ceci, sans même évoquer p. ex. les grandes agences d’Europe du Nord, lesquelles confient leurs projets à de petites agences d’Europe du Sud, lesquelles cherchent à leur tour des traducteurs acceptant de travailler pour des tarifs compris entre 5 et 6 eurocents/mot source HT !

Pour simplifier, disons que de telles structures se proposent de mettre en relation l’offre et la demande, donc en l’occurrence les clients (entreprises conventionnelles, agences/cabinets de traduction…) et les prestataires de services (traducteurs, interprètes, formateurs en langues…), ceci bien entendu contre rémunération.

En ce qui me concerne, et outre les réserves que je pourrais formuler contre la « charte » qui est imposée aux prestataires de services, entre autres :

  • obligation de fournir les copies de diplômes et les références client,
  • obligation de verser une « commission » dès acceptation de la commande,
  • obligation d’attendre la validation du client pour être payé,
  • et j’en passe….

par l’une d’entre elles, ainsi que l’autre désignation générique qu’elle se donne -« place de marché »[*], je vois mal quel bénéfice notre secteur d’activité est censé retirer de l’existence de ces plateformes de traduction.

Un intermédiaire de plus, cela signifie forcément (par simple logique mathématique) que le prestataire effectuant au final le travail supporte à lui tout seul les diverses commissions des intermédiaires, ce qui réduit pratiquement sa marge à peu de choses, voire à zéro.

Sans parler des éventuelles conséquences légales et financières, puisque le rôle même de la plateforme de traduction exclut, en apparence du moins, toute implication de sa part dans le paiement des prestataires de services.

Il est bien entendu que personne n’est obligé de travailler pour des structures de ce genre. Seulement voilà : pour un nombre N de structures à fin 2008, combien de concepts identiques ou similaires à fin 2009 ? C’est un modèle d’affaires qui risque de se propager, vu le très bon rapport investissement/retour sur investissement… et les traducteurs libéraux n’en bénéficieront probablement pas.

N’attendons pas d’être directement concernés (ou mieux : pris à la gorge) pour réagir !

Laurent K.

[*] ce qui évoque presque irrésistiblement le Palais Brogniart, Wall Street ou… une quelconque foire aux bestiaux (et/ou à l’empoigne)…

PS : J’allais oublier de dire que la collègue ayant posté son message dans le forum sus mentionné l’a fait parce qu’elle n’arrive pas à se faire payer !

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